Mais qui sommes-nous petits journalistes provinciaux pour donner notre avis sur la qualité de jeu de l'équipe amiénoise ? Qui sommes-nous pour juger de la tactique « ô combien ambitieuse » de l'entraîneur amiénois, qui avait pris le risque énorme de n'aligner à domicile qu'un seul attaquant au coup d'envoi face au dernier, Nîmes ? Qui sommes-nous pour constater que le public et les trois kops de supporters ont réclamé la démission de Thierry Laurey en fin de match ? Du jamais-vu au stade de la Licorne avec autant de force et de colère. Ce même public et ces mêmes supporters qui ont scandé le nom de Thibault Giresse pour tirer un coup franc, l'un des plus adroits sur ce genre d'exercice, alors qu'il avait été remplacé par Benjamin Laurant.
À toutes ces questions, nous répondons que nous sommes de simples petits journalistes qui observons que l'équipe amiénoise a commis l'irréparable face à Nîmes, en concédant une défaite très inquiétante, au point de remettre en cause très sérieusement un maintien qui semblait acquis à 80 %.
Heureusement qu'il y a plus faible comme Châteauroux, le premier relégable battu à Metz (1-0). Heureusement que les Amiénois ont cinq points d'avance sur les Castelroussins. Mais cela sera-t-il suffisant ? Il faut le souhaiter comme il faut espérer que les dirigeants amiénois - en commençant par le manager général - mettent les joueurs et leur entraîneur face à leurs responsabilités. Défendre l'indéfendable est impossible. Et si les joueurs ont leur part de responsabilité, leur coach aussi. Comment peut-il trouver que son équipe a réalisé une meilleure seconde période, à moins d'avoir des petits problèmes de vue ? Il y a des signes qui ne trompent pas. Frappe de Traoré sur le poteau, sans-faute de Puydebois, le gardien de but gardois, inefficacité offensive, tout était finalement réuni pour assister à une défaite amiénoise. Défaite humiliante. Défaite qui prouve une fois de plus que ce groupe est limité quantitativement et qualitativement. Dès qu'il manque un joueur clé (Buron, Haaby et Brillault sur cette rencontre), ce n'est plus la même équipe. Une équipe sifflée et humiliée par ses spectateurs, qui ont crié « olé, olé » à chaque passe nîmoise en fin de rencontre. Attention ! Le désamour était palpable et audible vendredi soir entre le public et son équipe. Il ne faudrait pas que cela tourne au divorce et que les Amiénois soient complètement inhibés à chaque match à domicile. Le risque est réel. « Je comprends le mécontentement du public, avoue Samuel Allegro. De là à réclamer la démission du coach, c'est toujours comme ça après ce genre de défaite. On se met en difficulté. On va traîner nos mauvais résultats comme un boulet jusqu'à la fin de saison. J'ai déjà connu de telles situations et c'est en étant solidaire qu'on peut s'en sortir. Sinon, cela peut partir en déconfiture. » En « sucette » en langage footballistique. Il reste dix matches et il faut encore au minimum une dizaine de points pour assurer le maintien. Juste le maintien, pas le « maintien + ». Cela passe par une prise de conscience individuelle des joueurs et un coaching plus cohérent. Mieux vaut commencer avec des doutes et finir avec des certitudes, que de commencer avec des certitudes et finir avec des doutes.



